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janvier, février, mars 2008

Pour six personnes un kilo et demi de viande
De bœuf mi-calotte mi-paleron plusieurs couennes
De porc ventrèche poitrine fraîche un pied
De veau huile d’olive oignon deux litres de vin
Une carotte tête d’ail une fine écorce
D’orange sel et poivre laurier branche de thym.

Pour se mettre en appétit, première strophe d’une sextine,
 in La forge subtile, Le Temps qu’il fait, 2001




« Un enfant / Dit que / C’est beau
Mais il pense / Plutôt / L’inverse
Ou plutôt / Il ne / Sait pas
C’est pourquoi / Il dit / C’est beau
C’est pour voir / Ce que / ça fait
Et ça ne fait rien. »

David Christoffel, extrait, site les 70.com




EDITO
Une semaine pour explorer, aller à la rencontre de la langue poétique dans le mouvement de ses carrefours croisements et métissage de l’autre.
Pour ses Polyphonies de Mars, la Maison de la Poésie de Rennes invite des poètes, éditeurs, libraires et comédiens à s’engager dans l’échange, la relation avec le lecteur.
Chaque jour, des  rencontres en attablées, lors desquelles le poète est convié à partager des itinéraires de lectures, au gré de ses admirations, ses humeurs, lectures fondatrices ou allergiques, en échange avec son public.
Suivront des surprises po étiques qui attiseront les sens. Enfin nous nous retrouverons autour d’un temps de Phonorités, où la parole poétique prendra corps à travers la voix de son auteur.



Jacques Josse présente Jean-Claude Caër :" Il y a dans ses pages - où les grands espaces de Bretagne ou d'Amérique renvoient toujours vers des parcelles infimes - une douleur acceptée, portée par un souffle fragile mais tenace. Son écriture évolue sans concession. Pas d'envolées, pas d'adjectifs racoleurs. Elle avance clairement, se déroule, suit "la barque des morts" sous la terre et chemine sans jamais se couper de la réalité et de ses inévitables "pâsses périlleuses".

Nolwenn présente l'éditeur François Boddaert qui fête les 30 ans des éditions Obsidiane



Jean-Claude Caër
Sépulture du souffle

Je vois deux mouettes à la fenêtre de l'hôpital.
Au loin la mer, que sillonne peut-être le cargo
« Lapponian Reefer ».
Tu parles des greffes de l'arbre
Qui est comme l'aube, il se nourrit de l'aubier
Et redistribue ses forces le long de l'écorce,
Comme l'épiderme d'un homme malade.
Tu te déplaces léger, solitaire.
« Mes filles me téléphonent quelquefois », dis-tu.
Je sais très bien que cela dure
Ta présence sur la terre dans les plantes.



Olivier Bourdelier

Méfiez-vous des oiseaux et méfiez-vous des fleurs

d'aventure suis revenu
maigre nu
dur

mes mains c'est pour rien mes yeux
pleureraient.


Quitte, Editions Wigwam