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janvier, février, mars 2010


« et tandis que
transis morfondus
le cul rincé et la bourrasque
aux chausses   aveugles et sourds
à l’heureuse entraille arrachés     halés
hors nos fosses
par l’ange extirpateur
brassés pétris par les embardées
du majuscule innommable souffle
aux 720 noms    on court
un rivage mordu où les eaux
remuaillent et chantonnent    on s’égo-
sille    je tiens ta main
         je te touche
regarde    dis    de tous tes yeux
regarde invente l’etcétéra
modeste des merveilles »

Henri Droguet, Off, Gallimard, 2007


jeudi 21 janvier 2010



mercredi 10 février 2010

« Le soir tombait vite même si la blancheur de la neige retardait l'arrivée de la nuit. (...) Car la clarté du ciel, la robustesse de la lune, la blancheur de cette nappe de neige sur la terre, disputaient notre village à la nuit et l'empêchaient de s'abattre sur la terre, sur notre contrée. Il devenait difficile d'oser sortir, de risquer notre corps parmi les incertitudes de la nuit, ne serait-ce que pour nous soulager, nous débarrasser des lourdeurs de la nature qui s'étaient accumulées à mesure que la neige et la nuit avaient envahi les alentours de la maison.
Nos mères nous prenaient par la main pour nous donner le courage d'assumer nos besoins en affrontant la peur qui nous attendait à l'extérieur. On débarquait dans un silence entrecoupé de quelques aboiements, de quelques hurlements qui donnaient une profondeur inquiétante au calme de la nuit et à sa blancheur uniforme. »  
Seymus Dagtekin, A la source, la nuit  (éd. Robert Laffont) 



 

Du 9 au 20 mars: LES POLYPHONIES

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