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avril, mai, juin 2010

« Du fond des océans
du fond des plus noirs abîmes
montent une à une
vers nos aurores
toutes les figures de l’être »

Jean-Paul Hameury, Errances, Folle Avoine, 2008


« Jean-Paul Hameury fut un écrivain discret, se tenant résolument à l’écart jusqu’à refuser, du moins sur ces dix dernières années, des propositions de lecture en public ou des participations à des émissions de radio. Il lui suffisait de travailler. L’œuvre abondante qu’il nous laisse en témoigne. Elle se décline d’abord en une quinzaine de recueils de poèmes et en plusieurs essais sur la peinture. Ses artistes de prédilection se nomment Cézanne, de Staël, Vermeer ainsi qu’Edward Hopper. Il n’eut de cesse de s’interroger sur la situation de la poésie dans les temps présents. (…)
Prendre parole pour lui, c’est maintenir l’errance (titre de son dernier recueil) afin de rendre visible ce qui est. Le monde, dit-il, n’attend rien de nous, il se contente d’être là et c’est une erreur d’affirmer qu’il se donne à voir, il ne se donne, ni se refuse, il est présent. C’est cette présence non édulcorée ni dénaturée par nos désirs, nos habitudes qu’il s’est continûment attaché à rendre visible. Parallèlement à cette démarche, il a produit des essais sur notre modernité : Illusions et mensonges et Regards sur le temps présent. (…)
Ses deux récits Macchab et L’Empire mettent en scène des personnages parfois clownesques, toujours veilleurs, victimes, mais également témoins. « Nous avons des folies raisonnables, des désirs maîtrisés. L’important, ici, pour tous, c’est de durer quelles que soient les infamies quotidiennes. ». Les recueils de nouvelles s’inscrivent dans la même grille. (…)
Hameury, homme du retrait, s’applique méthodiquement à s’affronter au vide, porté certainement par la nécessité de se défaire de tout désir comme de toute crainte. L’ensemble des livres est publié aux éditions Folle Avoine, mais je ne saurais oublier le recueil de poèmes Brûlant Seul paru à Genève aux éditions La Dogana. Citons également Le Gardien du Feu ( prose) publié à Rennes chez Wigwam, un recueil d’aphorismes paru à l’atelier de La Feugraie, et deux recueils de poèmes – Exils et Requiem – publiés conjointement par Yves Prié et Thierry Bouchard. »

Michel Dugué ( « Autre Sud », septembre 2009 )






Jean-Paul Hameury
ERRANCES

Eitions Folle Avoine

Il faut consentir à faire un pas de plus
acquiescer à la faille qui s'ouvre.
Non pas se plaire aux mirages si proches
mais aller - et voir s'appauvrir
puis s'effacer
les vertes espérances
empoisonnant notre présent.

Car tout est lié à cet étonnement :
l'improbable c'est de rester vivant!
En nous - meurtris - tous nos projets
ne sont jamais ni pure perte
ni dérisoires péages. Demeurera toujours
une architecture de ronces et d'orties
et les écueils mortels
où s' achèvent nos migrations.



apprends
la rage
celle qui casse les murs
la liberté est le flux
crie ta voix
dénude-la de sa chaleur
de sa fragilité
apprends la rage

Maram al Masri, Le chant du corps et des chemins, Al Manar, 2010





Avec la complicité d’Alain Gorius, animateur des éditions Al Manar, Maram Al Masri a partagé Le chant du corps et des chemins, sorti en avril 2010. Cet ouvrage est le résultat du travail réalisé lors de la résidence de l’auteur à la Maison de la Poésie de Rennes.




 

Se tenir là. Sur cette rive. Pieds nus dans le silence des éboulis. Le long du lit mobile. La pente se tenant elle aussi sur la rivière. Se dressant dans le bleu excédé. Se retenant dans la chute  à  sa  propre disparition. Elle finira par se  laver de sa verticalité légendaire. Dans le mélange des chemins. Le retournement des fondations confidentielles. Les portes désolées. Elle finira dans le ventre éviscéré des truites noires. Dans l’accourse de cette langue glacée.
Joël Bastard, Casaluna, Gallimard, 2007


« Joël Bastard emprunte à la lumière l’encre de son message charnellement terrestre, intimement humain, sincère jusqu’au sang et son sirop de sève.
Derrière sa tentative inavouée d’élucider le monde en abolissant l’opacité dont s’entourent les choses et les hommes, il arrive, dans la ferveur de l’instant après l’instant, à un enthousiasme dionysiaque, sauvagement joyeux, libéré, passionnel. Pour cela Joël Bastard choisit une écriture syncopée qui donne à lire les battements de son émotion, son essoufflement, son viscéral entêtement à rendre le sourire du monde dans « le souffle des heures ».
Dès lors, ces poèmes des particules du monde, restituées une à une autour de ses étonnements et de ses beautés, ne peuvent que rompre avec la nonchalance lyrique traditionnelle ; ils utilisent une syntaxe télégraphique, parfois averbale, presque toujours minimale ; des formes de versets fulgureusement sensibles et toujours piégeants où chacun peut retrouver une bribe de son existence qu’il aurait pu penser banale. »
Christian Poirier





 


Ateliers d’écriture au fil de l’eau avec les premières STG du Lycée professionnel de la Salle à l’initiative de leur professeur : Marie-Cécile Urvoy.



Classe de Terminale L du Lycée Saint Vincent (Christian Poirier)
Classe de sixième du Lycée des Gayeulles (Claire Novack) Goûter Malien et lecture-rencontre


Classe de CE2 de l’école primaire d’Orgères : rencontre et atelier d’écriture à la Maison de la Poésie.
Professeur : Anne Gustave










"Comme si de poser des nuages sur cette page épaississait son ciel. L'infinie profondeur est dans cette feuille simple de papier.
Là-dessus des mots comme des oiseaux là-dedans le ciel. En surface. Pas si loin de la terre. A deux pas. Ma main qui repose sur rien. Heureusement pas si loin de la tere. Sur cette feuille de papier. En profondeur."

 

AU DIRE DES PAS.

Joël Bastard. L'Idée Bleue



Les studios de radio-univers fm.(99.9). Photos Daniel Dubois
Le 18 juin .L'enregistrement de l'émission "Chemin de traverse" sera mis prochainement en ligne.

Les mots simples . Matthieu Dubois


« Pour cette soirée de clôture d'une résidence en Bretagne je suis heureux de proposer une carte blanche à l'Afrique, avec les mots du voyage et du recueillement de Joël Vernet et les miens mêlés. Recueillement, au sens de recueillir sans cesse ce qui nous est donné de vivre et de voir d'un pas à l'autre. Nous ferons une lecture des terres ocres et rouges aux gestes pauvres, accompagnés ce soir, au bord du canal St Martin, par la musique bouleversante des joueurs de Kora, la harpe-luth mandingue des griots. »

Joël Bastard

en Bretagne
avant de repartir dans les Monts Jura

Le 23 juin à 19h30
Maison de la poésie de Rennes

Soirée lecture et fête de fin de résidence
dans le jardin de la Villa Beauséjour
au bord du canal St Martin


Avec


Poète écrivain

Il lira des extraits de:

Lettre pour un très lent détour, voyages au Mali, Ed. Filigranes
La montagne dans le dos, Impressions du pays dogon, Le Temps qu'il fait
De la margeride anatolienne à la route déboussolée, in Le regard du coeur ouvert, La part commune
Un seul visage sur la terre, in La lumière effondrée, Lettres Vives

Je lirai mon poème Bakofè
Editions Al Manar

et mon journal inédit
Derrière le fleuve
à paraître en septembre 2010
aux Editions Al Manar

Nous serons accompagnés par
Cheick Tidiane Dia
Joueur de Kora

Au grand plaisir de vous voir
de vous revoir
ou de vous rencontrer...

...le temps est passé si vite !

Bien cordialement
Amicalement
et avec amitié
je vous embrasse

Joël Bastard
 

http://www.joelbastard.blogspot.com/